Le concert des New York Polyphony à Berlin

Le concert des New York Polyphony à Berlin

Si je vous dis Darwin, musique ancienne et Berlin, vous me dites ? Vous donnez votre langue au brachiosaure de 13 mètres qui trône au Museum für Naturkunde, le musée d’histoire naturelle de Berlin  ? Une échelle, peut-être  ?

Le 4 décembre dernier, j’ai eu l’honneur et le plaisir d’assister au concert berlinois de New York Polyphony, alors en tournée en Europe. Un évènement exceptionnel à tous niveaux :

Religion et science

Les New York Polyphony ont interprété Missa Charles Darwin, du compositeur Gregory W. Brown. Cette œuvre, qui suit la structure de la messe (Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus et Agnus Dei) est basée sur des textes tirés des écrits de Charles Darwin, pour en faire, selon les mots de Craig Phillips, basse des NYP, une «  messe laïque  ».

Quatre intervenants se sont succédés pour présenter le concert.

Gregory Brown, son frère le romancier Dan Brown, dont l’idée du roman Origin a germé suite à l’écoute de Missa Charles Darwin, Sarah Darwin, descendante de Charles et biologiste, et enfin Johannes Vogel, botaniste et directeur du Museum für Naturkunde. Rien que ça.

Quatre garçons dans le vent new-yorkais

NewYork Polyphony, ce n’est pas un ensemble de musique ancienne comme les autres.

Sur scène ils sont imperturbables, immergés dans leur prestation et leur écoute mutuelle. Il faut dire que les NewYork Polyphony se distinguent par la précision de leurs entrelacs vocaux. Maîtres du programme musical ils ont choisi de faire suivre Missa Charles Darwin de quelques chansons tirées de leur album «  Sing Thee Nowel  », et de ponctuer la représentation d’un superbe «  O Little Town of Bethlehem  ».

Après le concert, le ton est joyeux, les commentaires fusent – en anglais, allemand ou français – et c’est tout sourire, avec cette nonchalance et cette disponibilité qui les caractérisent, qu’ils accueillent le public et le conseillent sur le choix du CD à rapporter à la maison.

L’origine de Missa Charles Darwin

C’est après avoir réalisé le lyrisme et la poésie inhérente aux écrits de Charles Darwin, qu’est venue à Craig Phillips l’idée de mettre en musique certains extraits, en suivant la structure canonique de la messe. Il en fait part au compositeur Gregory W. Brown, qui avait déjà travaillé avec les NYP. Gregory est immédiatement intéressé et accepte de relever ce défi, qui n’est pas des moindres pour un compositeur à la fois admiratif des œuvres sacrées et athée. Après de multiples échanges entre NYP et Gregory pour que la technique du compositeur rencontre la technique vocale des chanteurs, l’œuvre voit le jour. La première a lieu en 2011 à Berlin au musée d’histoire naturelle, suivie de nombreuses représentations aux États-Unis.

« Une cathédrale de pensées »

Lors de leurs réflexions sur le lieu idéal pouvant accueillir une première représentation, Gregory et Craig se sont pris à rêver d’un espace immense, «  une cathédrale de pensées  » tels que le Smithsonian ou encore le musée Field. Lorsqu’ils ont appris que le Museum für Naturkunde de Berlin leur proposait de chanter dans la salle des dinosaures, le rêve était devenu réalité. Non seulement la large salle, à l’acoustique unique et à l’atmosphère révérencieuse, apportait la sensation recherchée de grandeur, mais la présence de squelettes de dinosaures exauçait aussi ce «  rêve de gosse  » que nous avons tous. Leur projet, pensé et créé dans le respect à la fois de la religion et de la science prenait tout son sens.

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Je vous recommande vivement d’écouter la version commentée de Missa Charles Darwin (disponible sur Sprotify), dans laquelle Gregroy Brown, Craig Phillips et Dan Brown expliquent l’œuvre.

Vous voulez écouter les New York Polyphony en concert ou connaître la date de sortie de leur dernier album Lamentationes ? Suivez-les sur Twitter, Instagram, et Facebook et gardez un œil sur leur calendrier de concerts !

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